Harcèlement au travail
- dv4people

- 8 mars 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 8 mai 2025
Les décisions judiciaires récentes en France révèlent une volonté accrue de mieux protéger les salariés et de lutter contre le harcèlement, qu'il soit moral ou sexuel, au travail. Cette évolution jurisprudentielle entraîne de nouvelles définitions et seuils pour le harcèlement ainsi que des obligations accrues pour les employeurs.

Harcèlement sexuel: au-delà des actes explicites
Le harcèlement sexuel regroupe des comportements ou propos répétés à connotation sexuelle ou sexiste, portant atteinte à la dignité d’une personne par leur caractère dégradant ou humiliant, ou créant une ambiance intimidante, hostile ou offensante.
Traditionnellement, il désignait des gestes explicites ou propos déplacés. Désormais, une ambiance sexiste ou des comportements répétés suffisent à créer un climat de travail toxique et être qualifiés de harcèlement.
En novembre 2024, la Cour d’appel de Paris a reconnu une salariée comme victime de harcèlement sexuel pour avoir travaillé dans un espace ouvert où existaient des remarques sexistes et des images suggestives, sans qu’un acte ne la vise directement (Cour d’appel de Paris, 26 novembre 2024).
Cette évolution est cruciale : il n’est plus nécessaire de prouver une intention explicite de nuire, seuls les effets des comportements sur la personne comptent.
Harcèlement moral: un comportement isolé peut suffire
En principe, le harcèlement moral repose sur des actes répétés dégradant les conditions de travail ou affectant la santé mentale d’un salarié. Toutefois, les juges reconnaissent de plus en plus que, dans certains cas graves, un seul événement peut suffire.
Par exemple, une modification répétée et injustifiée des horaires, provoquant un stress important, a été jugée comme du harcèlement par la Cour d’appel de Bastia en février 2024, même si les faits n’étaient pas systématiques (Cour d’appel de Bastia, 13 février 2024).
Autre point essentiel : la charge de la preuve. Une fois que le salarié présente des éléments laissant présumer un harcèlement, il appartient à l’employeur de prouver le contraire.
Implications pour les employeurs
Les employeurs sont désormais obligés non seulement de réagir, mais de prévenir le harcèlement. Cela implique des formations, une sensibilisation des équipes et des mécanismes clairs de signalement. Outre le respect de la législation, il s’agit aussi d’une question de bien-être et d’image : ignorer le harcèlement risque de faire perdre la confiance des employés, partenaires et clients.
Ces évolutions réaffirment un même objectif : garantir un environnement respectueux et sûr pour tous.
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